La grande salle était bien éclairée
Et la grande table était dressée
Les retrouvailles pouvaient commencer
Tout le monde savait où se trouvait
Sa place,
Puisque ce n'était pas la première fois
Qu'ils se voyaient.
La Perseverance avait du souffrir
Pour arriver jusque là,
Mais son sourire montrait bel et bien
Sa satisfaction.
L'Indifference ne semblait pas écouter
Les conversations, et restait à jamais
Perdue dans ses pensées.
L'Amour devait s'intéresser à tout le monde
Cherchant des choses à aimer un peu partout,
Pour ne jamais ressembler à la Solitude
Qui venait de quitter la table.
La Haine, toujours aussi belle,
S'était assise près de son frère l'Amour
Comme pour lui faire comprendre que le duel
Ne faisait que commencer.
La Dépendance, vicieuse,
Portait le masque de l'Amour,
Parfois, pour s'accaparer de nombreux coeurs
L'Amitié s'entretenait avec la charmante Fidélité,
Pour essayer d'améliorer leur relation,
Elles oeuvraient toutes les deux pour une meilleure
Harmonie.
L'espoir encourageait la Détresse
A relever la tête,
Pour contempler ce qui pouvait l'attendre
A l'avenir.
A l'autre bout de la table, le Desespoir
Le regard perdu, ne croyait plus en grand chose
Et n'avait plus d'appetit.
La Joie faisait rire les gens,
Avec des histoires enfantines,
Et c'était la magnifique Mélancolie
Vétue d'une longue robe blanche
Qui séparait la petite Tristesse
De son opposé la Joie.
La Vengeance, une des meilleures amies
De la Haine,
Dévisageait un visage familier,
Un visage détesté.
Celui de l'inévitable Fatalité,
Qui se sentait infaillible.
La Gentillesse servait ceux qu'elles considérait
Déjà comme ses amis,
Même si elle n'avait pas toujours de retour,
Elle se consolait comme elle pouvait
Quand elle voyait le sort de sa copine Naiveté.
La Méchanceté s'amusait,
Cela se voyait sur son visage,
Juste pour le plaisir d'empecher les autres de vivre
Juste pour le plaisir de montrer qu'elle existe,
Au point d'envoyer la Jalousie embêter la Gentillesse.
La Volonté se remarquait facilement,
Par son charisme, et son regard déterminé.
Elle ne parlait pas beaucoup, mais agissait
Quand le moment arrivait.
Au bout de la table, les sept péchês capitaux
S'enflammaient comme à leur habitude
Quans ils se retrouvaient.
Et tout autour de la table
Couraient les petits Souvenirs
Les yeux pleins de malices,
Pourchassés par les petits Regrets
Les yeux pleins de vices.
Dire qu'ils faisaient tant de bruit...
Au dessus, se trouvait l'Autel.
Une vue d'ensemble, sur toutes les personnes atablées.
Là, où se trouvaient le Soleil et la Lune
La Vie habillée tout en noir, Contemplait la grande salle
Avec inquiétude, mais enthousiasme.
Elle semblait si fragile et précieuse, que cela se ressentait
Quand on la voyait.
Près d'elle se trouvait la Mort, qui portait la même tenue
Que son amie, exceptée qu'elle était en blanc.
Le sourire fière de voir qu'elle avait vue sur tout le monde
Elle souffrait parfois du regard des autres, accusateurs.
D'être à la fois détestée et aimée...
Mais elle savait que la Vie souffrait aussi comme elle.
Les Etoiles éclairaient de milles feux, la Grande Salle
Où régnait un équilibre instable.
Cette Grande Salle, où se trouvait
L'Autel des deux Mystères,
Réside dans le coeur
De chacun d'entre nous.
Petit Prince